LE VILLAGE DE SIEURAS

 
Après une éclipse de deux ans, nous reprenons le site de la commune de Sieuras. Pour toute remarque ou information, écrivez au responsable du site : y.brault@nordnet.fr

 

Situé dans le massif du Plantaurel, au sud de la Haute-Garonne, le village de Sieuras est une commune ariégeoise d'une centaine d'habitants. Sa supercifie est de 763 hectares, ce qui donne une densité d'environ 13 habitants par kilomètre carré.
Contrairement à ce que croient la plupart des citadins concernant les villages ruraux, notre toute petite commune n'est un désert ni économique ni culturel. Côté économique, outre les exploitations agricoles qu'on s'attend à trouver dans un tel environnement, nous comptons trois gites ruraux, une pépinière de plantes exotiques, un fournil bio, une fromagerie et une auberge réputée. Côté culturel, nous avons des fêtes, des concerts, des spectacles...
C'est cette vie que nous voulons vous présenter.

 


 

ACTUALITÉS SIEURASSOISES (année 2019)

 

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Une nouvelle page sur le site : des agriculteurs s'expriment.

Conversion de la ferme d'Icart en exploitation biologique.

3 mai 2019 - Spectaculaire démonstration des pompiers à Sieuras : voir les images

12 mai 2019 : Les boucles de Sieuras : voir les images

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QI QONG


Tous les jeudis matin, à 9h, séance de qi qong, avec bâton, animé par Pascal Fehr.

Ces séances sont gratuites et ouvertes à tous !


            FÊTE DE LA MUSIQUE
             Samedi 22 juin 2019


À partir de 19 heures.
 
Il y aura un orchestre,  une buvette  et des saucisses !
Vous pouvez aussi venir avec un instrument de musique et en jouer.

TRI DETSA
Musique des Balkans

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Intermède : à vous de jouer ______

 

DUO GUATEKE
Musique latino

 


            FÊTE DU VILLAGE
      20-21-22 septembre 2019

 


Repas le vendredi soir avec le DJ Clems'.

 

 

Repas le samedi soir avec l'orchestre  Jacky Laffont.

 



 

PRÉSENTATION DU VILLAGE

Petite sociologie de la ruralité

Le monde rural a connu, depuis les années 50, un bouleversement dont on a mal pris la mesure. Précisons d’emblée que nous ne voulons pas parler ici du phénomène de « rurbanisation », qui concerne les abords des grandes villes : émergence de ces interminables zones pavillonnaires dénuées de services (transports, écoles, commissariats, hôpitaux, postes, etc.) qui concentre une bonne partie du vote « protestataire », c’est-à-dire essentiellement front national.
Notre propos vise la « France profonde », loin des villes, celle que les citadins ne voient qu’en vacances, qui est « au bout du monde » et qu’ils méprisent vaguement ; là où, comme me l’a dit un jour l’une de mes petites filles, « les nouvelles arrivent plus tard (qu’à Paris) ! ». Essayons de voir ce qu’il en est :
Tout d’abord, le monde rural n’est plus un monde de paysans ; la proportion en France y est de 7%. Dans notre village, il y a cinq exploitations agricoles ; les agriculteurs y sont certes plus nombreux qu'en moyenne mais minoritaires quand même.
D’autre part, ce monde n’est pas en train de se désertifier, ou plutôt il ne l’est plus. Il est vrai que, au cours de la majeure partie du XXème siècle, en Ariège en particulier, la population a décliné jusqu’à devenir approximativement cinq fois moins nombreuse qu’à la fin du XIXème siècle. Dans les années 30, beaucoup de terres n’étaient plus entretenues au point, par exemple, que la mairesse du village voisin de Lapérère allait régulièrement au consulat italien de Toulouse pour solliciter la venue de migrant comme cultivateurs…
Le creux de la vague a été atteint au début des années 80. Ainsi, quand je me suis installé avec mon épouse, en 1983, dans le petit village de Gaudiès (environ 120 habitants), il n’y avait aucun enfant ; nous étions les plus jeunes habitants (à 40 ans) ! Dans l’école du village de Sieuras, de 1967 à 1983, le nombre d’enfants est passé de 24 à 3.
Bien sûr, il y avait eu la vague des « hippies », dans les années 70, dont la presse a abondamment parlé à l’époque. Mais beaucoup de ces arrivants ne sont pas resté longtemps. Certains ont persévérés cependant et la culture hippie est encore vivante dans quelques rares endroits (Mirepoix, Montbrun Bocage).
Cependant, cet apport de population n’a pas été très important. Les années 80 ont vu la plupart des écoles des petits villages ariégeois fermer les unes après les autres. Le département se mourrait.
Et puis cette situation s’est inversée ; silencieusement mais de façon nette. Partout en Ariège, dans cette campagne loin des villes, des gens se sont installés à partir des années 80. Pendant que la population autochtone continuait de décliner, ces nouveaux arrivants faisaient des enfants et créaient une dynamique.
La conséquence la plus visible a été le basculement du pouvoir municipal aux mains de ces néo-ruraux. Ce qui n’a pas été sans souffrance parfois : les notabilités locales, qui souvent possédaient les terres, n’ont pas vu venir le changement ; Les conseils municipaux, constitués de « fonciers », essentiellement masculins et ariégeois de souche, préoccupés surtout de l’état des routes, ont été balayés et remplacés par des équipes mixtes tant au point de vue du sexe que de l’origine. Au point que certains, ulcérés, ont quitté leur village natal pour s’installer plus loin.
Mais qui sont ces gens qui sont venus d’ailleurs ? Nous n’allons parler ici que de Sieuras et de ses environs immédiats.
D’abord, ils sont très largement majoritaires : dans notre village, les ariégeois de souche forment environ 11% de la population, 14% si on ajoute les immigrés installés depuis plus de cinquante ans. Donc, 86% de la population de Sieuras y vit depuis moins de 30 ans ! Au vu de la pyramide des âges, il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il n’y ait plus un seul ariégeois de souche à Sieuras dans 30 ans !
Ensuite, cette nouvelle population est très variée : beaucoup d’étrangers (mais tous européens : hollandais, suisses, britanniques, hongrois…), une vingtaine en tout à Sieuras. Les autres de tous les coins de France…
C’est une population active : peu de retraités, pas ou peu de chômeur, pas ou peu de « cas sociaux ». On est loin, très loin de la France désespérante dont les média nous renvoient l’image tous les jours.
C’est enfin une population jeune ou du moins rajeunie, soucieuse d’écologie au quotidien, souvent investie dans de très nombreuses associations culturelles dont le foisonnement est étonnant dans un si petit pays.
Revenons un instant sur le monde paysan ; tout le monde connait (abstraitement) les difficultés de cette profession, les drames qui ponctuent une mutation entamée depuis plus de 60 ans, mutation dont les maitres-mots sont : concentration, industrialisation, marche forcée vers des coûts de plus en plus bas. Mais là aussi, une transformation silencieuse est en cours, vers un respect accru du respect des sols, vers une culture ou un élevage raisonné…

Renouvellement de la population, changement en profondeur de la structure économique, mutation du monde paysan, voilà ce qui caractérise les transformations  de ce monde rural. Cette révolution silencieuse, comme toute révolution, est ambigüe mais elle est aussi porteuse d’espoir.
Allons plus loin : faisons le pari, certes hasardeux, que cet espoir n’est pas exceptionnel dans l’Ariège mais aussi dans d’autres départements ruraux. N’a-t-on pas là l’amorce de ce que pourrait devenir un pays où les ressources de la nature ne sont pas encore tout à fait détruites ?
D’ailleurs ces bouleversements ne sont pas propres à Sieuras. Ils affectent tout le territoire français et sont actuellement bien documentés. Notre propos, notre ambition est d’illustrer cela par l’exemple concret de notre petit village. Rendez-vous dans la rubrique : « La vie au village »

Post-scriptum : Les opinions ici exprimées n’engagent que moi. Elles se sont cependant nourries de nombreuses conversations avec les habitants. Merci en particulier à Gérardine, Pierre et Laurent Ramonda pour les indications précieuses qu’ils m’ont fournies sur le village de Sieuras et son histoire.
Yves Brault

Le site www.sieuras.fr est édité par le Conseil Municipal de la commune de Sieuras.

Responsable du site : Yves Brault - Mise à jour : 11 juin 2019